Le front qui repousse la glace en mer de Barents

L'océan Arctique, et les mers marginales qui l'entourent, ont connu des changements climatiques à un rythme plus rapides que ceux observé aux latitudes plus basses. Le réchauffement des températures ou la diminution de la banquise sont autant de symptômes d’un climat arctique changeant. Bien que ces changements se produisent dans des endroits relativement éloignés, il est de plus en plus évident que le retrait de la banquise en Arctique peut influer sur les conditions météorologiques dans l'hémisphère nord.

Certaines régions du bassin arctique sont déjà libres de glace saisonnièrement, et peuvent donc être étudiées en tant que cas-tests de ce que l'Arctique pourrait devenir à l'avenir. C'est par exemple le cas pour la mer de Barents. La dynamique de l’océan dans cette région est complexe, avec des eaux chaudes provenant de l’Atlantique qui pénètrent jusqu’à la mer de Barents, où elles sont fortement refroidies par leurs interactions avec l’atmosphère et la glace de mer. Les eaux denses résultant de ces transformations de la masse d'eau en la mer de Barents sont finalement exportées vers l'océan Arctique puis vers les mers nordiques, où elles contribuent aux overflows qui passent le détroit du Danemark, puis à la branche profonde de la cellule méridienne de retournement (AMOC).

Dans une étude récente publiée dans JPO et menée par Ben Barton (étudiant en thèse au LOPS), nous avons examiné les mesures par satellite de la glace de mer et de la température de surface de la mer, ainsi que des mesures in situ, afin de déterminer comment les conditions océaniques et de glace de mer ont évolué entre 1985 et la fin de 2016. Nous avons constaté qu’avant 2005, la glace de mer s'étendait sur la majeure partie de la mer de Barents chaque hiver, mais que ce n’est plus le cas depuis 2005. En effet, les observations de la température de surface de la mer révèlent une forte intensification du front polaire en mer de Barents, résultant du réchauffement des eaux de l’Atlantique et de l’atmosphère.

L'article en entier peut être lu ici: https://journals.ametsoc.org/doi/abs/10.1175/JPO-D-18-0003.1. Un article décrivant les résultats a été publié dans ‘The Conversation’ (https://theconversation.com/extreme-weather-in-europe-linked-to-less-sea-ice-and-warming-in-the-barents-sea-100628). Ou vous pouvez regarder cette vidéo d'une minute avec Ben décrivant son étude.