13-16 juin 2018 : le goulet de Brest franchi, l’aventure commence

Malgré toute l’énergie déployée pour préparer l’expédition et parer à toutes les éventualités, une campagne océanographique reste une aventure, avec sa part d’aléas. Peu de temps après notre départ le 13 juin au matin, nous avons eu une panne des deux gyrocompas. Il est très improbable que les deux tombent en panne en même temps, mais pas impossible. Or nous en avons besoin pour la navigation et pour les données scientifiques. Aucun diagnostique n’ayant abouti, nous sommes retournés en pleine nuit à la pointe du petit Minou où deux autres gyrocompas nous ont été apportés par l’équipe de Genavir en bateau. Grâce à l’extraordinaire réactivité des équipes à terre et à bord, les instruments étaient opérationnels dès le matin du 14 juin et nous avons pu reprendre le travail. Une météo clémente nous a permis de s’amariner en douceur et de naviguer à vive allure. Mais le 15 juin, il est évident que deux personnes doivent débarquer pour des problèmes de dos et de mal de mer. Après une deuxième station test au petit matin du 16, où chacun prend ses marques, les uns enseignant aux autres, nous naviguons vers Porto où une vedette portugaise vient prendre en charge nos deux collègues. Une fois encore, l’opération est rondement menée par les marins français et portugais, malgré une mer agitée. Cependant, nous devons repenser la répartition du travail, à la cuisine et dans l’équipe scientifique. Ce sera plus dur, mais pas impossible avec un peu de solidarité.

Nous repartons vers le début de la section : la première station d’OVIDE, sur le plateau du Portugal, en face de Figueira da Foz. Nous apprenons en route que tout va bien pour nos infortunés collègues.