17-19 juin 2018 : c’est parti

A chaque station, nous descendons la rosette jusqu’à 12m du fond. Elle est équipée de multiples capteurs et de 28 bouteilles de prélèvement qui sont fermées à différentes profondeurs. Les premières stations sont rapides car il y a peu de fond. Les quarts se succèdent toutes les 4 heures. Le rythme est soutenu : nous avons à peine le temps de prélever toutes les bouteilles (pour mesures les 15 variables chimiques) que le bateau est déjà en place pour la station suivante. Petit à petit, nous gagnons en fluidité dans la danse autour de la rosette, prélevant les échantillons dans ordre précis et selon un protocole détaillé. Nous prélevons d’abord pour mesurer les gaz dissous, puis les variables relatives au carbone et à ses isotopes, puis les sels nutritifs et la salinité, et enfin les isotopes de l’eau. Les équipes anglaise, espagnole et française sont toutes là. La mer et le vent ont considérablement forci. Sur beaucoup d’autres navires océanographiques, nous aurions dû suspendre le travail ; mais pas sur Thalassa : c’est un navire exceptionnel de ce point de vue. Les préleveurs prennent un paquet de mer de temps en temps (ce qui fait généralement rire ceux qui l’ont évité), et doivent s’accrocher ou s’agenouiller pour prélever. Rester devant l’écran n’est pas facile non plus. Mais paradoxalement, il n’y a pas un seul nuage. Ce n’est que le 19 au soir que vent et mer mollissent enfin, mais le soleil disparait derrière les nuages.